Aria

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Monday, February 23, 2004

 
immature, terriblement...
ou est-ce ma féminité qui grandit à l´arrivée du printemps? je me fais envoûteuse, manipulatrice, je cille de mes yeux maquillés, je bois à longues gorgées langoureuses, la tête renversée et les yeux mi-clos, ma bière mexicaine, annonce comme ça, presque en chuchotant, que si je l´ai commandée, c´est uniquement à cause du citron vert, acide, que j´aime enfoncer dans la bière douce. Puis je m´adosse contre le fauteuil en skaï rouge de ce bar-lounge, rejette mes cheveux blonds juste sous la lumière du candélabre, et pour la première fois depuis des mois, j´allume lentement une cigarette en portant la bougie à mes lèvres et fume lentement, sans un mot. Je laisse mes jambes croisées, et me penche juste assez pour que mon pull remonte sur mes reins.
je vous disais, immature...
depuis que je suis retombée amoureuse *tout en silence, bien sûr, un amoureux qui ne le sait pas et qui adoucit mes rêves, j´en avez besoin, croyez-moi* j´ai l´impression d´être l´aimant de ces messieurs. je les provoque de mes yeux sombres, de phrases à double face, et de gestes presque par hasard. et celui sur lequel j´ai jeté secrètement mon dévolu est en train de s´en vouloir, de me trouver belle, de vouloir me séduire, ne comprend pas pourquoi maintenant, après tant d´années que nous nous côtoyons, et ne saura jamais que les fils, c´est moi qui les ai en main.
les garçons sont naïfs, et un peu balourds, voyez-vous, et une once de discernement suffit à une fille pour installer dans un coeur simple et bon un chaos innommable et faire naître passion, fureur et désespoir...
quelle méchante.


Des dimanche soir comme hier, j´en aimerais des dizaines. Du temps volé aux conventions, l´arrière pensée *je-dois-aller-travailler-demain* s´estompe peu à peu, pour s´effacer finalement. Seule avec les garçons, les regards sont rivés sur moi, je suis la princesse à protéger, mais aussi la reine dominatrice du soir, j´envoie mes réparties et tout le monde me donne raison, je pioche une cigarette du paquet, et des briquets se tendent, ils disent des trucs sans tact et je les mitraille du regard – seule avec quatre grands types, la plus petite, la plus mince, et c´est moi qui dirige la soirée.

Et la nuit qui a suivi était douce, si douce, tu parles, ça n´est pas de Jude Law que j´ai rêvé – j´ai rêvé de rencontres interdites au creux de mille labyrinthes *mais mon prénom et son histoire m´empêchent de me perdre, bien sûr, je fais juste comme si, en sachant très bien où je vais et où il est* et de manipulations dangereuses, de peurs d´être découverte, de mains sur les cuisses de ce garçon, de coups d´œil en douce. Je ne sais pas s´il y a eu un baiser dans ce rêve, mais je sais que la réalité n´ira pas jusque là. Je veux un contact physique minime et intense, peut-être lui tenir la main une fois *dans le grand huit, par exemple, et en descendant, je ferais comme si j´avais tout oublié et lui y repensera et moi j´y repenserai*, rien de plus pour ne pas gâcher, peut-être encore une fois sa main qui effleure ma joue *trouble* ou juste un murmure comme « merci pour ton message » et là je sourirai et pour lui, il n´y aura plus d´issue possible, un chapelet de nuits blanches en attente et toutes les filles de la ville inexistantes. Un soir au café et quelques minutes, l´un dans les yeux de l´autre, devraient suffire et je ne l´aimerai plus, un détail me dérangera sans doute *l´inflexion de sa voix, sa façon de régler l´addition, une blague pas drôle* et je serai en paix avec ma conscience et déjà à la recherche du prochain.

aria - 6:03 AM